Dans la rubrique "je vous le conseille, mais on ne le verra pas au ciné-club", le 5 octobre sort DRIVE sur les écrans français.
Le nouveau film de Nicolas Winding Refn (dont je vous conseille également la trilogie Pusher, Bronson et Valhalla Rising) réalisé aux Etats-Unis avec un petit budget et quelques stars montantes ou de télé. Ryan Gosling tient le rôle-titre, un Stuntman Mike jeune, dans son monde, ne parlant que très peu. C'est un cascadeur le jour et un chauffeur criminel la nuit.
Pour ce film, Winding Refn a reçu le prix de la mise en scène à Cannes cette année, des mains de Robert De Niro. Et, manifestement, il le mérite. En effet, tant au niveau purement plastique, avec des choix chromatiques saisissants (vert, rouge, rose), qu'à la mise en scène elle-même, ouatée, stratosphérique, frontale. Et ce tour de force de mettre en avant la forme avant le fond, de la privilégier, avant que cette forme devienne fond (ce que Tarantino n'avait fait qu'esquisser dans Kill Bill Vol. 1). Refn poursuit son exploration de la violence et sa figuration, qui entraine le spectateur dans la spirale dévorante du personnage. On pense forcement à De Palma, à ses Deux Soeurs ou Pulsions, doublés aux références asiatiques comme Old Boy. Et le parallélisme avec le jeu vidéo devient alors flagrant. On a l'impression de voir, de jouer à "GTA Vice City". Le héros solitaire, pilotant une grosse voiture dans une ville californienne sur de la pop. En plein dedans. Le cinéaste pousse le vice (ah ah!) jusqu'à utiliser une police d'écriture rose pour son générique, histoire d'enfoncer le clou.
Ce Los Angeles ouaté, moite, une héros solitaire dans une atmosphére nocturne, la tension, le montage rythmique. On pense aux meilleures heures du polar mannien.
Après la séquence d'ouverture, et excusez moi de l'expression, Refn nous tient à l'entrejambe. Absolument sidérante de maitrise formelle, narrative, rythmique et sonore, cette course poursuite virtuelle dans les rues de L.A. donne des frissons. Puis, histoire de ne pas relâcher la magie, Refn nous met de l'electro française en la personne de Kavinsky, musique névrotique, planante, qui nous entraîne dans les divaguations circulaires de la route et du personnage.
Drive, Nicolas Winding Refn, 2011
Avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Albert Brooks, Ron Perlman...
Ecrit par Hossein Amini d'après le livre de James Sallis
1h40, 2.35:1, Danemark-USA
Bande annonce [Trailer]
Bonus #1: Drive / Star Wars Mash Up
Bonus #2: Kavinsky ft. Lovefoxx - Nightcall

Bonsoir,
RépondreSupprimerEst-il possible de savoir comment se nomme cette police d'écriture ? si il est possible de la télécharger quelque part ?
Cordialement.